29 mai 2011 - Premier essai sur l'eau
Nous effectuons le premier essais sur l'eau du Shetland, sur la Charente. Sans les capteurs photovoltaïques : on procède par étapes. Les conditions sont idéales : pratiquement pas de courant (étale de marée haute) et légère brise. Nous sommes 4 à bord + les 100 kg de batteries, soit une charge additionnelle d'environ 300 kg. Les résultats sont excellents, le bateau réagit vite aux changements de régimes. Quand au bruit (ou plutôt à l'absence de bruit) du moteur, c'est le pied ! Après avoir effectué les mesures de vitesse en fonction de la puissance, dans les 2 sens (nord-sud et sud-nord) pour éliminer les facteurs vent & courant, on a navigué une bonne heure et on s'est vraiment régalés !

Voici les courbes vitesse/puissance. Je ne trouve pas ça vilain, en particulier elles s'infléchissent assez peu quand on monte en régime et on atteint presque 9 km/h à pleine puissance. La coque ne doit pas trop freiner. Et il y a moyen de "gratter" un peu en vitesse. Comme le bateau ne restera jamais bien longtemps dans l'eau (maximum une semaine à suivre) il n'y a pas besoin d'antifouling. Je vais donc décaper les couches (1 à 2 mm) plus ou moins rugueuses pour mettre le gel coat à nu, puis le "polisher". Je pense qu'ainsi on devrait gagner 10 à 20% de vite
sse. On verra ça plus tard...
Télécharger le graphique Vitesse/puissance
Au chapitre des choses à améliorer, il y a aussi l'immersion de l'hélice. En effet, elle est sans doute insuffisamment immergée car il y a beaucoup de remous dans le sillage proche. Je vais positionner les batteries bien en arrière de la coque (près du moteur) ce qui devrait immerger la poupe de quelques cm supplémentaires.
Ce qui est certain, c'est que j'aurais dû prendre l'arbre long, plus long de 12 cm : le haut de l'hélice étant plus haut que le bas de la coque, celle-ci doit être un peu gênée. Mais là je ne pourrai rien faire de plus...
Dans la foulée je vais attaquer le montage des capteurs solaires. Là je sais que je vais me faire plaisir ! Par contre, je me demande comment va se comporter l'ordinateur de bord du moteur face à une recharge des batteries simultanée à leur décharge, avec un courant qu'il ne verra pas "passer". Déjà, je pense qu'il sera complètement "perturbé" et ne "comprendra" pas que la tension ne chute pas alors que le moteur aura consommé une certaine quantité de jus. Du coup, l'autonomie annoncée sera complètement bidon. Mais je m'inquiète : à un moment l'ordinateur ne va t-il pas se mettre en interdiction, avec un message d'erreur ? Ce cas de figure est-il prévu par Torqeedo ? J'attends la réponse du vendeur de moteurs...
23 juin 2011 - Fixation des capteurs solaires
Le châssis supportant les capteurs est posé. Il est réalisé en cornières aluminium de 35 mm de section et de 3 mm d'épaisseur, boulonnées entre elles et à la coque (boulons inox). Dans la foulée j'ai posé les capteurs : l'opération n'a pas duré plus de 10 minutes ! Ensuite, boulonnage au cadre supérieur du châssis. Puis connexions électriques, avec des connecteurs rapides intermédiaires, entre les câbles électriques de sortie des 4 capteurs et la boîte de dérivation. Vérification du bon fonctionnement : ça charge les batteries. Comme l'ampèremètre analogique (à aiguille) n'indique pas bien les faibles courants (inférieurs à 10 ampères) j'ai ajouté une pince ampèremétrique (à affichage numérique) sur l'un des 2 câbles reliant la boîte de dérivation au régulateur solaire (dans la cabine).
29 juin 2011 - Essai avorté
Cet après-midi était prévu la première mise à l'eau en configuration "solaire", pour vérifier notamment la tenue du bateau avec les 70 kg de capteurs en hauteur (1,80 m du plancher du bateau). Malheureusement, si le soleil était de la partie, un vent relativement fort nous fit renoncer à l'opération : pas question de prendre des risques inutiles ! Pour ne pas avoir fait le chemin pour rien, j'ai décidé de mettre le bateau partiellement à l'ea u, pour immerger l'hélice. Ce qui m'a permis de faire tourner le moteur et de vérifier le courant de recharge solaire, quand le moteur "tire" sur les batteries : 24 A, soit (avec une tension de 25 V) une puissance "solaire" de 6
00 W (puissance crête du panneau solaire : 960 W). Compte-tenu de l'heure (17 h) et du fait que les capteurs sont à plat, ce n'est pas si mal. Si je reprends la courbe puissance/vitesse tracée après la première sortie, en "électrique pur", ça donnerait une vitesse d'environ 5,5 km/h sans tirer sur les batteries.
Ce n'est que partie remise. Normalement en début de semaine on remet ça. Du coup, ça me laisse le temps de terminer pas mal de choses et surtout, de "sécuriser" le châssis et les capteurs, à l'aide de cordes fixées à la coque : ceintures et bretelles en quelque sorte. En cas de bourrasque, il ne faut pas sous-estimer la force d'arrachement du vent, même si cette "voile" est à l'horizontale ! Merci à Alain et Olivier, qui m'ont assisté pour les manœuvres et m'ont prodigué de nombreux et judicieux conseil, dictés par leur longue expérience de la navigation à voile !
5 juillet 2011 - Essai en configuration "solaire"
Ce matin de bonne heure (et de bonne humeur) a eu lieu la seconde tentative de mise à l'eau du b
ateau solaire à Port-Neuf (école de voile de Rochefort, sur la Charente). Les conditions semblaient réunies pour avoir toutes les chances de notre côté, après la tentative avortée de mercredi dernier (trop de vent).
Météo France annonçait :
- du soleil en matinée (moins l'après-midi et même de la pluie en soirée
- un vent de 10 km/h le matin, 20 km/h l'après-midi et en soirée (ces données étant à mettre au conditionnel, car elle semblent souvent sous-estimées et ne tiennent pas compte de la brise "thermique" d'après-midi...)
Cette fois, nous avions décidé de mettre Bat' Sol' à l'eau pour la journée entière, entre l'étale de pleine mer du matin (8h10) et celle du soir (20h30). D'une part cela nous laissera du temps (lors de la première sortie en "électrique seul", nous avions moins de 2 heures pour mettre à l'eau, faire les essais et remonter sur la remorque) et d'autre part il y a souvent peu ou pas de vent en début de matinée.
C'est bien ce qui s'est passé, du coup la mise à l'eau fut un jeu d'enfant.
D'emblée, l'excellente stabilité d
e la coque (roulis) s'est confirmée, alors que le bateau est désormais coiffé de 5 m2 de capteurs photovoltaïques à 1,80m du plancher, avec un poids (cadre et support compris) d'environ 90 kg. Même en rejoignant l'avant du bateau en passant sur le côté, la gîte est faible !
Premières évolutions sur l'eau, en compagnie d'Alain : tenue "de route" impeccable, accélérations franches. Mais avec une Charente d'huile, sans courant et sans vent. Du coup, nous avons poussé jusqu'après Soubise. Question courant de charge solaire, les ampères ont augmenté avec la montée du soleil dans le ciel, passant progressivement de 15 A (soit 375 W, avec une tension de 25 V) à plus de 20 A (soit 500 W). Au fil du temps, la vitesse s'est nettement ralentie avec la croissance du courant de marée descendante : 8 km/h maxi, à la puissance max du moteur (2500 W). Puis retour à la base : dans le sens du courant, la vitesse a atteint 14 km/h ! Au final, une sympathique ballade d'une bonne heure, quasiment en silence.
Nous avons laissé Bat' Sol' au ponton, pour que les capteurs rechargent les batterie
s, sur lesquelles on avait quand même pas mal tiré (les capteurs ne produisant qu'1/3 de la puissance absorbée par le moteur, quand il est à puissance max... Moins de 2 heures plus tard, elles étaient rechargées quasi à bloc, avec un courant de 25 A (700 W). De quoi faire une seconde "expédition". Un peu plus tard, le courant passe à 28-29 A, avec une point à 31 A (soit, avec une tension de 28V, 870 W : pas mal pour 960 Wc de capteurs, qui plus est posés à plat).
Là les conditions étaient plus dures : du vent (force 3) et du courant. Dans le sens du courant, nouveau record de vitesse à 15 km/h. Malgré le vent et les vagues, la tenue de route et le roulis ne posèrent pas de problème. En revanche dans l'autre sens, vers 17h (au plus fort du courant) la vitesse est descendue jusqu'à 3 km/h ! Nous avons atteint là les limites de Bat' Sol', dont il faudra tenir compte à l'avenir : inutile de chercher à aller contre le courant !
Finalement, le moins évident dans l'histoire fut de remettre le bateau sur la remorque à 20h, malgré une quasi absence de courant et une légère brise : pas facile de le maintenir dans l'axe de la remorque. Heureusement qu'Olivier nous prêta main forte. Il faudra s'exercer pour cette manœuvre...
Maintenant que Bat' Sol' a passé haut la main les tests de tenue sur l'eau et au vent, il reste encore pas mal de travaux et de petites modifications techniques.
6 août 2011 - Travaux à terre
J'ai bien avancé : encore deux semaines de bricolage et le bateau solaire sera a priori fin prêt !
Voici la liste des travaux effectués :
- 300 m de cor
delette de chanvre (4 mm) enroulée autour de 6 "piliers" (cornière alu + tasseau bois) du capteur solaire + 2 rangées de 10 m de corde de chanvre (20 mm) collées autour du cadre an alu : 5 jours de travail !
- "tente" à l'arrière du bateau (à partir de la toile de l'ancien store de la Biocoop Rochefort) pour se protéger de la pluie et agrandir l'espace de vie (la cabine étant exigüe...) : encore 5 jours de travail !
- seconde rambarde en bois (2 épaisseurs de contreplaqué de 22 mm collées, découpées et façonnées à la scie sauteuse, au rabot et à la ponceuse à bande)
- remplacement du volant par une petite barre à roue (30 cm de diamètre) comme pour un navire...
- fixation au "plafond" des câbles électriques des 4 capteurs
- fixation de la réglette à LED (5,6 W) orientable d'avant en arrière, au-dessus de la porte de la cabine
- remplacement des 4 feux de position (AV, AR, tribord et bâbord) par des modèles intégrant une lampe à LED (2 W au lieu de 10 W)
- collage d'autocollants "Nucléaire non merci" de 19 cm de diamètre, de chaque côté de la coque : Bat' Sol', au même titre que La Maison du Soleil en son temps, n'est-il pas aussi un bateau "militant ?
- soleil rouge de 30 cm de diamètre collé au tableau arrière (bâbord)
- fixation des 2 lots de batteries (tribord et bâbord)
- fixation des câbles électriques à tribord, entre le tableau électrique (cabine) et le tableau arrière
- remplacement du repose-pieds (pilote) en alu par un modèle en bois, repliable, permettant de dégager la place pour une couchette au sol en travers
Tous ces travaux m'ont quand même occupé 3 semaines. Pendant tout ce temps, le bateau est resté sagement sur sa remorque, devant la maison. Mais il commence sérieusement à tirer sur sa "longe" : je pense que nous n'allons pas tarder à le faire naviguer sur une journée entière. Je vous préviendrai quand j'aurai arrêté une date pour son inauguration, en septembre. Ce sera l'occasion pour vous de l'approcher et même de l'essayer !
15 août 2011 - Sortie à St Savinien
D'abord, quelques infos sur les travaux. J'ai réussi à terminer toute la partie électrique : 3 journées de travail). Tout a fonctionné du premier coup, sauf une lampe à LED (pour feux de signalisation) qui claqué rapidement : la moitié des LED ne marchent plus, alors qu'elles sont sensées tenir 50 000 h ! Dans la cabine, il ne reste plus qu'à faire les vide-poches latéraux, le coffre avant et le nouvel agencement des couchettes.
Maintenant, passons à la partie "nouvel essai sur l'eau" et sous le soleil". Le problème à Rochefort c'est qu'il faut tenir compte des courants de marée. Pour une sortie d'une journée en remontant la Charente vers St Savinien, il faut se faire "pousser" par la marée montante à l'aller et se faire "tirer" par la marée descendante au retour. Donc partir le matin à marée basse et arriver le soir à la marée basse suivante (environ 12h plus tard). Or, à marée basse pas possible de mettre le bateau à l'eau car il y a trop peu d'eau en bas de la cale de mise à l'eau. Donc il faudrait mettre le bateau à l'eau la veille au soir et passer une première nuit au ponton, pour partir de bonne heure le lendemain. M
ême problème au retour, on ne pourrait remettre Bat' sol' sur sa remorque que le lendemain matin suivant l'arrivée. Ce qui complique méchamment la "logistique !
Une autre solution est de mettre le bateau à l'eau en amont de la 1ère écluse de la Charente, à St Savinien. Mais ça oblige à faire 1/2h de route avec la remorque derrière le fourgon. C'est ce que nous avons finalement décidé de faire, pour notre première vraie sortie (la dernière fois c'était pour valider le comportement du bateau et du moteur...) lundi 15 août. L'opération s'est parfaitement déroulée. Il faut dire que nous disposions de la cale de mise à l'eau pour nous seuls, ça aide ! Par contre, vu la météo, nou
s avons dû attendre la fin de la matinée pour partir, alors que nous avions initialement prévu une balade d'une journée, jusqu'à Saintes et retour à St Savinien.
Quel plaisir de naviguer tranquillement et presque en silence ! Je vous laisse apprécier au vu des images. Première escale à Port d'Envaux, un village vraiment sympa, avec des pontons pour les plaisanciers, une plage où s'ébattent des baigneurs, une vraie qualité de vie ! Carole et moi, on se verrait bien habiter là, avec notre bateau solaire à quai...
Au niveau technique, cette seconde sortie "solaire" a permis de confirmer le bon comportement de Bat' Sol'. Car cette fois nous étions 4 à bord, avec Laurent et Thomas. Bon d'accord, très peu de vent et encore moins de courant, mais nous avons quand même affronté quelques vagues d'étrave "correctes", provenant de hors-bords (ski nautique après St
Savinien) et des pénichettes de tourisme.
Du point de vue solaire, l'astre du jour ne dardait pas ses rayons en permanence à pleine puissance. L'ampèremètre oscillait entre 8 et 27 A, soit une puissance allant de 200 à 675 W. Pour ne pas trop tirer sur la batterie, nous devions limiter la puissance du moteur à 70 0-800 W et notre vitesse moyenne à 6-7 km/h. Ce qui est suffisant pour apprécier le p aysage. De toute façon, à pleine puissance (2500 W) le moteur ne nous propulsait qu'à 8,5 km/h : un gain de vitesse peu en rapport avec le surcroît de consommation. Nous avons également pu vérifier qu'en faisant "gîter" le bateau à bâbord ou tribord, selon la position du soleil on peut gagner jusqu'à 3A (75 W): pour optimiser la production solaire, il faut donc jouer sur la répartition des charges et la position de passagers. Il est égal ement par moments intére
ssant d'éviter les ombres des arbres sur les berges... Bref, tout un apprentissage, mais qui n'est pas désagréable !
Le bémol vient encore une fois de la gestion de la remorque : la mise à l'eau est délicate en marche arrière (j'envi sage l'acquisition d'une camé ra de recul car la visibilité est quasi nulle) ainsi que la remise sur la remorque : il n'est pas é vident de bien présenter le bateau dans l'axe, car l'eau n'est pas transpare nte et on ne vo it pas ce qu'on fait (la remorque est sous l' eau). Je pense que la mise en place de mini flotteurs fluo à divers points de la remorque (garde-boues, galet s) devrait grandement faciliter l'opération. Lundi, nous avons d û nous y prendre à deux fois...
Prochaine étape : une sortie sur un week-end, avec une nuit à bord. En attendant le voyage sur une semaine avec les passages d'écluses jusqu'à Cognac ou Ja rnac, comme il y a deux ans quand nous avions loué une p énichette à moteur d iésel...